Le dromadaire, définition et généralités

Tout ce que vous n’avez jamais osé demander sur le Camelus dromedarius

CAMELUS DROMEDARIUS

Le Dromadaire ou “Camelus Dromedarius” est un mammifère terrestre ruminant de la famille des camélidés comme le chameau, le lama, la vigogne, l’alpaga ou le guanaco.

Le dromadaire appartient à la longue liste des animaux domestiques et a toujours été le fidèle compagnon et serviteur de l’homme. Il peut vivre jusque 25 ans et la gestation de la femelle dure 13 mois pour mettre au monde un petit chamelon, merveille de “technologie” adaptée à son milieu naturel, principalement des lieux désertiques et privés de ressouces naturelles comme la végétation ou l’eau essentielles à la vie de tout autre être vivant. C’est son physique avantageux (haut sur pattes) et sa physiologie unique (économe en eau et en nourriture) qui en font un animal particulièrement équipé pour résister aux fortes chaleurs et à la déshydratation.
Son pied plat et mou, fendu à deux doigts, est caractéristique de l’ordre des artiodactyles comme la chèvre ou la vache.

Le dromadaire photo-dromacity

Rêveur et rancunier

Une faute mineure que l’originalité des renseignements récoltés comble facilement. Saviez-vous par exemple que le dromadaire est câlin, qu’il rêve et qu’il est rancunier ? « Un mâle dominant, maltraité par ses gardiens ou empêché de copuler au moment où il le souhaite, pour être mis de force au travail, manifeste parfois sa rancune un an après les faits (…) », explique Mohamed Aoutchiki Kriska. Il peut alors directement être amené à s’en prendre à son « tourmenteur ». Dans ce cas, poursuit l’éleveur mauritanien, « Un jugement coutumier est rendu après l’incident pour évaluer le partage des responsabilités entre l’homme et le dromadaire (…) ».

Vous apprendrez également que cet animal a été introduit définitivement en Afrique par le sud de la péninsule arabique, sous une forme domestiquée, il y a environ 5 000 ans. Une introduction récente, estime le Docteur Bernard Faye, comparé à la tentative manquée du dromadaire sauvage d’envahir le nord de l’Afrique, par le désert du Sinaï, voici deux à trois millions d’années. En Espagne, où 4 000 têtes étaient recensées en 1925, il était toujours possible de croiser un dromadaire en 1970, dans le delta de Guadalquivir.

Comme un chameau dans le désert

Mais la vraie terre d’accueil du Camelus dromedarius reste l’Afrique. 80% des 20 millions recensés dans le monde vivent sur le continent, précisément dans les zones les plus désertiques (Somalie, Soudan, Éthiopie…). La résistance à la chaleur du dromadaire est proverbiale. Alors que 15 à 30% des chèvres et moutons et 20 à 50 % des bovins meurent en cas de forte sécheresse, 95% des dromadaires survivent, selon des observations réalisées en Mauritanie. Ils peuvent rester en vie 8 à 10 jours sans manger et quelques mois en mangeant très peu, et peuvent se passer d’eau durant une semaine en saison sèche.

Le camélidé est également d’une aide indispensable pour son maître, puisqu’il est capable de détecter une source d’eau souterraine à près de 100 km de distance. Sa bosse contient entre 1 kg et 90 kg de graisse blanche. Un véritable réservoir d’énergie : « En cas d’urgence, un éleveur affamé et égaré prélève de la graisse sur un dromadaire vivant entravé, en faisant une incision avec un couteau pour la prélever », avant de refermer l’incision, explique le Dr Faye. « L’opéré s’en remet généralement », précise-t-il. Alors pour vos prochaines escapades dans les déserts africains, n’hésitez plus à préférer le dromadaire au 4X4.

Le dromadaire pédagogique, de Michel Launois, éditions du Cirad, collection « Les savoirs partagés »

Avis du spécialiste

Corin S.E., 201 Quel est le risque d’importer des dromadaires dans un pays qui n’en a pas ? (source camelides.fr)

Voilà une question que se posent sans doute tous les services vétérinaires des pays qui n’ont pas de dromadaires chez eux quand ils reçoivent une demande de la part d’un éleveur ou d’un autre citoyen qui veut se lancer dans l’aventure…. D’autant que l’exemple de l’Australie, envahie par plus d’un million de dromadaires qui commencent à peser sur l’environnement, ne rassure pas. Pas plus d’ailleurs que l’introduction de la trypanosomiase cameline en France suite à l’importation de dromadaires des Iles Canaries. Une récente publication fait état d’une évaluation quantitative du risque dans un pays voisin de l’Australie, à savoir la Nouvelle-Zélande. Voici, un pays qui sait ce que signifie l’introduction de nouvelles espèces, d’autant qu’avant l’arrivée des européens, comme en Australie, le nombre de mammifères était modeste et la venue des envahisseurs a grandement perturbé la faune mammalienne locale. Cela dit, la nouvelle Zélande n’étant pas dotée de désert à l’instar de son grand voisin, a priori les risques d’envahissement paraissent limités. Pourtant, suite à une demande d’importation faite en 2008 pour importer 16 chamelles pour le tourisme, des chercheurs se sont posés la question. Les risques évalués ont porté sur la santé publique (zoonose), la possibilité que la population importée devienne sauvage et entre en compétition avec la faune locale, et finalement devienne une « peste ». Chaque catégorie de risque a été soumise à une échelle de valeur (de pas dangereux à très dangereux). Les résultats montrent qu’il y a un faible risque pour la santé publique (bien que les récents doutes sur le rôle du dromadaire dans la transmission du nouveau coronavirus, très pathogène pour l’homme, peuvent moduler ce jugement depuis la parution de l’article). En revanche, le risque d’introduire une population ensauvagée comme en Australie est pris très au sérieux, bien que le risque qu’il devienne une « peste » s’avère modéré. De fait, il est peu probable que le dromadaire se plaise vraiment dans un climat tempéré humide comme celui de la Nouvelle-Zélande…